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En Estrie, à Mansonville, une femme a fondé SAFE, le premier sanctuaire pour animaux de ferme au Québec. Catherine Gagnieux recueille vaches, moutons, cochons, chèvres en chemin vers l’abattoir, abandonnés ou maltraités et fait découvrir les histoires de ses pensionnaires au public.

Calvin, un des boeufs sauvés par le sanctuaire de Catherine Gagnieux. Crédits photo: SAFE

 » Quand j’ai recueilli Nimou, il n’avait que quelques heures, raconte la fondatrice du sanctuaire. Il avait encore le sac amniotique collé autour des fesses. Il a pleuré toute la nuit, des cris de bébé qui veut sa maman. Ces cris resteront toujours dans mon coeur. « 

Nimou est l’un des premiers veaux recueillis par Catherine Gagnieux. Sans son aide il aurait été euthanasié. Chez SAFE, les visiteurs peuvent le rencontrer et le flatter.

Ils ont aussi l’opportunité d’approcher Calvin, un bœuf de 2000 livres et six pieds de hauteur au dos. La masse pour le moins imposante des animaux chez SAFE en surprend plus d’un.

« C’est la réaction de 98% des gens qui viennent nous rendre visite, comment Mme Gagnieux. Ils nous disent: qu’ils sont gros! je n’en avais jamais vu d’aussi gros! »

Si Calvin est si grand, c’est parce qu’il a 6 ans. Habituellement, les veaux mâles sont abattus dès 4 à 6 mois pour la viande de veau, ou autour d’1 an pour la viande de bœuf, quand ils ne sont pas éliminés à la naissance.

 » Un enfer » pour les truies

La fondatrice de SAFE dénonce aussi les conditions de vie des truies. Elles sont maintenues dans des cages de gestation à la grandeur de leur corps et ne peuvent ni se tourner ni marcher, un enfer pour cette protectrice des animaux.

Elle estime que les animaux de ferme méritent l’amour des humains, autant que les chats ou les chiens.

« Je ne crois pas à l’idée que les animaux ont été mis sur la terre pour servir et faire plaisir à l’être humain, ils ont eux aussi droit à la vie », ajoute Mme Gagnieux.

Faire changer les comportements

La fondatrice de SAFE est convaincue que le public manque d’information sur leur sort. En ouvrant les portes de son sanctuaire, elle espère faire changer les comportements d’achat et par ricochet les pratiques agricoles.

« Comme m’a dit le fermier qui m’a donné Nimou, tant qu’il y aura de la demande, les agriculteurs fourniront, affirme Mme Gagnieux ».

Elle invite donc chaque personne qui achète des produits animaliers « basés sur la cruauté » à arrêter. Pour elle, chacun a le pouvoir de faire sa part et peut contribuer à réduire les souffrances animales.

Visiter le site internet de SAFE (Sanctuaire pour animaux de ferme de l’Estrie):

SAFE – Sanctuaire pour animaux de Ferme de l’Estrie (safe-refuge.org)

FOCUS: Catherine Gagnieux fait découvrir les histoires des animaux de ferme qu’elle recueille parce qu’elle veut changer les mentalités à leur égard.